Le terme de « crise d’angoisse » est très utilisé dans le langage courant. En psychologie et en psychiatrie, on parle plus précisément d’attaque de panique.
Ces deux termes désignent la même expérience : un épisode brutal, intense, qui peut donner le sentiment de perdre le contrôle, de faire un malaise, voire de mourir.
Qu’est-ce qu’une attaque de panique ?
Une attaque de panique correspond à une montée soudaine d’anxiété très intense, qui atteint un pic en quelques minutes.
Elle s’accompagne de sensations physiques marquées. Parmi elles, on retrouve notamment :
- cœur qui bat vite et fort, parfois des palpitations,
- transpiration,
- tremblements ou secousses musculaires,
- sensation de souffle coupé ou d’étouffer,
- vertiges ou impression d’instabilité,
- picotements, engourdissements, sensations de « fourmis »,
- sensation de boule dans la gorge ou d’étranglement,
- gêne ou douleur thoracique,
- frissons ou bouffées de chaleur,
- impression d’être détaché de soi-même ou du monde (déréalisation ou dépersonnalisation).
Toutes ces sensations sont des réactions normales du corps face à ce que le cerveau interprète comme un danger.
Le rôle des pensées dans la crise
À ces sensations vont s’associer des pensées, souvent très rapides et automatiques :
- « je fais une crise cardiaque »,
- « je vais m’évanouir »,
- « je suis en train de devenir fou »,
- « je vais perdre le contrôle »…
Ces pensées sont compréhensibles : face à des sensations intenses et inhabituelles, le cerveau cherche à donner du sens et peut envisager le pire.
Le problème, c’est que ces interprétations vont augmenter l’anxiété, ce qui intensifie encore les sensations physiques.
Un cercle vicieux
On entre alors dans un cercle :
sensations → interprétations catastrophiques → augmentation de l’anxiété → intensification des sensations → nouvelles interprétations
Ce fonctionnement en boucle explique pourquoi une attaque de panique peut monter très rapidement en intensité.
Le trouble panique
Faire une attaque de panique peut arriver de manière isolée.
On parle de trouble panique lorsque s’installe :
- une crainte persistante de la survenue de nouvelles attaques,
- ou une peur de leurs conséquences (faire un malaise, perdre le contrôle, être en danger).
Le trouble panique concernerait 1 à 3 % de la population.
Ce n’est plus seulement la crise qui pose problème, mais la peur de la crise elle-même.
Les conséquences sur le quotidien
Cette peur va entraîner des modifications importantes du comportement :
- évitement de certaines situations,
- fuite lorsque l’anxiété monte,
- mise en place de « stratégies de sécurité » (rester près d’une sortie, sortir accompagné, éviter d’être seul, etc.).
On observe également une hypervigilance corporelle : la personne surveille en permanence ses sensations.
Or, plus on surveille, plus on remarque les sensations. Plus on les remarque, plus on s’inquiète. Plus on s’inquiète, plus l’anxiété augmente, et plus le risque de déclencher une attaque de panique augmente.
C’est ce cercle vicieux qui maintient le trouble dans le temps.
Quand s’ajoute l’agoraphobie
Le trouble panique peut se compliquer d’une agoraphobie.
Il s’agit d’une peur des situations dans lesquelles il serait difficile de s’échapper ou d’être aidé en cas de crise.
Les lieux souvent évités sont par exemple :
- les transports en commun,
- les lieux clos,
- les espaces très fréquentés,
- les files d’attente…
Cela peut devenir particulièrement invalidant dans le quotidien.
Attaque de panique et malaise : une confusion fréquente
La peur de faire un malaise est très fréquente dans les attaques de panique.
Pourtant, il est important de distinguer les deux :
- l’attaque de panique correspond à une montée d’activation du corps (augmentation du rythme cardiaque, tension, respiration),
- le malaise (type syncope) correspond à une chute de la tension artérielle et du rythme cardiaque.
Ces deux mécanismes sont physiologiquement opposés, ce qui rend le malaise peu probable lors d’une attaque de panique.
Il existe toutefois une exception : certaines situations spécifiques, comme la vue du sang ou des blessures, peuvent provoquer une réaction particulière (dite vasovagale) avec chute de tension. Mais ce fonctionnement est différent des attaques de panique classiques.
Est-ce dangereux ?
Une attaque de panique est très impressionnante, mais elle n’est pas dangereuse.
Le corps ne peut pas rester durablement dans cet état d’activation intense : la crise finit toujours par redescendre.
Ce qui devient problématique, ce n’est pas la crise en elle-même, mais les cercles de peur, d’évitement et d’hypervigilance qui peuvent s’installer.
Peut-on s’en sortir ?
Oui. Le trouble panique est aujourd’hui bien compris et peut être pris en charge.
Le travail thérapeutique vise notamment à :
- comprendre les mécanismes en jeu,
- modifier les interprétations des sensations,
- réduire l’hypervigilance,
- diminuer les comportements d’évitement et de sécurité,
- retrouver une relation plus apaisée avec les sensations corporelles.
En résumé
Une attaque de panique est une réaction intense du corps face à un danger perçu, mais non réel.
Lorsque la peur des crises s’installe et modifie le comportement, on parle de trouble panique, qui peut devenir très invalidant, notamment en cas d’agoraphobie associée.
Comprendre ces mécanismes est une première étape essentielle pour sortir de ces cercles de peur.